Céphalées chroniques : orientation diagnostique

Tableau 1 - Urgences (liste non exhaustive)
Règles d'or
  • Toute céphalée perçue par le patient comme récente et inhabituelle (ou modification récente d'une céphalée ancienne) est une urgence jusqu'à preuve du contraire.
  • Toute céphalée récente ou inhabituelle doit être explorée (examens clés : imagerie cérébrale [dont vasculaire] +/- PL + CRP après 50 ans [Horton]).
Prise en charge urgente +/- SAMU
  • Céphalée brutale (maximale en < 1h).
  • Céphalée récente ou d'aggravation récente (< 7 jours) et inhabituelle.
  • Fièvre (hors cause générale évidente comme un syndrome grippal en période endémique).
  • Raideur méningée.
  • Signes neurologiques ou visuels associés.
  • Céphalée évocatrice d'intoxication (CO).
  • Contexte d'immunodépression.
Prise en charge rapide
  • Céphalée connue mais ne cédant pas avec le traitement antalgique habituel.
  • Céphalée semi-récente (8 jours à 6 mois) sans signe d'aggravation durant les derniers jours.
  • Céphalée ancienne (> 6 mois) difficile à gérer par le patient.

 

Tableau 2 - Principales céphalées chroniques évoluant par crises
 Durée de la criseCaractéristiques de la céphaléeSignes associés

Migraine
(voir fiche)

4 à 72 heures2 sur 4 parmi :
  • unilatérale,
  • pulsatile,
  • aggravée par l'activité physique,
  • intensité modérée à sévère.
  • Phonophobie, photophobie, nausées ou vomissements.
  • +/- Aura.

Algie vasculaire de la face
(voir fiche)

15 à 180 min

1 à 8 crises/jour

  • Intensité très sévère.
  • Unilatérale.
  • Périorbitaire, frontale ou temporale.
  • Signes végétatifs : injection conjonctivale, larmoiement, congestion nasale, rhinorrhée, œdème palpébral, ptosis, myosis.
  • Agitation.
Névralgie du trijumeau
(voir fiche)
Quelques secondes à 2 minutes
  • Uniltérale.
  • Sévère ou très sévère.
  • Territoire du V (ou d'une de ses branches).
  • Décharge électrique, piqûre, coup de poignard.
  • Aggravation par la parole, la mastication et les mouvements de la face. 
-

Céphalée de tension
(voir fiche)

30 minutes à 7 jours
  • Pression ou serrement.
  • Bitemporale ou en casque ou occipitale.
  • Intensité faible ou modérée.
  • Pas de nausée.
  • Photophobie ou phonophobie mais pas les 2.
Paraclinique

IRM cérébrale (ordonnance) ou à défaut TDM cérébrale injectée (ordonnance), à effectuer sans urgence au moins 1 fois en cas de céphalée chronique (indication plus discutée en cas de migraine caractéristique, sans aura, apparue avant 50 ans et évoluant depuis plus d'un an).

Les éléments suivants, pouvant être découverts fortuitement à l'imagerie, ne sont pas des causes de céphalées :

  • kystes arachnoïdiens,
  • anomalies veineuses de développement,
  • sinusites chroniques maxillaires ou frontales.

 

Tableau 3 - Céphalées chroniques quotidiennes (CCQ)
Céphalées chroniques quotidiennes
Définition

Céphalée :

  • ≥ 15 jours par mois,
  • ≥ 3 mois.
ExplorationsIndiquées en cas de doute sur une CCQ secondaire (voir ci-après) :
Facteur aggravantToujours rechercher un abus médicamenteux (voir tableau 4)
CCQ de courte durée
  • Épisodes céphalalgiques < 4 heures.
  • Principales étiologies = algie vasculaire de la face chronique ou névralgies crâniennes et faciales.
CCQ de longue durée
  • Épisodes céphalalgiques > 4 heures.
  • Principales étiologies :
    • migraine chronique,
    • céphalée de tension chronique,
    • céphalée chronique de novo (rare) :
      • caracère continu de la douleur sans rémission,
      • début précisément daté par le patient,
      • apparition en moins de 24 h.
    • hemicrania continua (rare) :
      • crises modérées à sévères,
      • signes congestifs homolatéraux à la douleur, ptosis ou agitation.
CCQ secondairesSignes devant faire suspecter une CCQ secondaire (explorations complémentaires nécessaires) :
  • apparition après 50 ans,
  • absence de céphalée primaire (migraine, algie vasculaire de la face, céphalée de tension) préalable à l'apparition,
  • apparition durant la grossesse ou le post-partum,
  • apparition depuis la prise d'un médicament,
  • début récent (<1 an),
  • déclenchement par la toux, un effort physique, une manœuvre de Vasalva,
  • caractère postural,
  • association à des symptômes neurologiques (hors aura migraineuse),
  • anomalie de l'examen clinique.

 

Tableau 4 - Abus médicamenteux
Abus médicamenteux
Généralités
  • Survient chez des patients consommant des antalgiques dans le cadre d'une céphalée primaire.
  • Ne survient pas chez des patients prenant des antalgiques de manière quotidienne pour une autre raison (arthralgies, troubles fonctionnels...) sauf en cas de céphalalgie préexistante.
  • Ne pas surestimer le rôle de la consommation d'antalgiques dans l'apparition d'une migraine chronique. Le sevrage ne doit pas aboutir à un sous traitement de la migraine (avis spécialisé si nécessaire).

Céphalée par abus médicamenteux

Définition IHCD-3 β

  • Céphalée survenant ≥ 15 jours par mois chez un patient ayant une céphalée préexistante.
  • Surconsommation régulière depuis > 3 mois d'un ou plusieurs traitements de crise des céphalées :
    • antalgiques non-opiacés (AINS, paracétamol, aspirine) pris ≥ 15 jours par mois, et/ou
    • triptans, ergotamine, opiacés et/ou antalgiques combinés pris ≥ 10 jours par mois.
  • N'est pas mieux expliquée par un autre diagnostic ICHD-3.
Recours à un agenda des crises (PDF).
Sevrage
  • Pas de protocole validé de décroissance.
  • Le sevrage doit s'accompagner d'un traitement prophylactique de la migraine (voir fiche).
  • En ambulatoire :
    • avis spécialisé si nécessaire,
    • arrêt brutal ou progressif selon les situations.
  • En hospitalier si :
    • impossibilité pour le patient d'effectuer le sevrage en ambulatoire,
    • abus ancien,
    • échec d'un sevrage ambulatoire,
    • abus impliquant plusieurs classes médicamenteuses,
    • +/- Forme compliquée :
      • co-morbidités sévères,
      • terrain psycho-social précaire,
      • trouble de l'humeur ou trouble anxieux non résolu associé,
      • addictions associées,
      • trouble de comportement alimentaire associé,
      • consommation quotidienne ou quasi quotidienne de plusieurs traitements antalgiques,
      • prise anticipatoire de traitement antalgique,
      • rechute après un précédent sevrage.
  • Mesures associées :
    • éducation :
      • relation entre la prise excessive de traitement et la survenue de céphalées,
      • contrôler les prises anticipatoires de traitement,
      • mieux distinguer les céphalées pour ne traiter que les crises migraineuses,
    • faible niveau de preuve mais utilisation possible :
      • thérapies cognitives et comportementales,
      • relaxation-gestion du stress,
      • rétrocontrôle biologique,
    • avis addictologique si dépendance aux opioïdes.

rhumato
Soins palliatifs
MG + SP
Accès limité

Cette fiche fait parti du

 module Soins palliatifs.

Cette fiche fait parti du

 Module spécialité Rhumatologie.

Cette fiche fait parti des modules

 

Soins palliatifs

 

et

 

Médecine générale.

Pour pouvoir y accéder vous devez vous abonner à l'un de ces modules.

Déjà inscrit ? Se connecter

Médecine générale
Module Médecine générale
Les situations les plus fréquentes en médecine générale.
MG

Accès limité

Cette fiche fait parti du 

module Médecine générale.

Déjà inscrit ? Se connecter

accès limité

Accès réservé aux professionnels de santé

Cette fonctionnalité est réservée aux utilisateurs d’Ordotype.

Pour pouvoir y accéder vous devez être connecté à Ordotype. Si vous n’avez pas encore de compte, inscrivez-vous et profitez d’un mois d’essai gratuit.

Déjà inscrit ? Se connecter

Pour savoir quelle ordonnance utiliser, consultez les rappels cliniques.
Céphalée chronique - IRM cérébrale
fleche
Céphalée chronique - Scanner cérébral injecté
fleche
Céphalée chronique - CRP
fleche
Céphalée chronique - IRM cérébrale
fleche
Céphalée chronique - Scanner cérébral injecté
fleche
Céphalée chronique - CRP
fleche
Céphalée chronique - IRM cérébrale
fleche
Céphalée chronique - Scanner cérébral injecté
fleche
Céphalée chronique - CRP
fleche

Mes bilans

Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Créer une ordonnance
Pour savoir quelle ordonnance utiliser, consultez les rappels cliniques.
Céphalée chronique - IRM cérébrale
fleche
Céphalée chronique - Scanner cérébral injecté
fleche
Céphalée chronique - CRP
fleche
Céphalée chronique - IRM cérébrale
fleche
Céphalée chronique - Scanner cérébral injecté
fleche
Céphalée chronique - CRP
fleche

Mes ordonnances

Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Créer une ordonnance

Mes fiches conseils

Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Invalid Date
Créer une fiche conseil
Pour savoir quelle ordonnance utiliser, consultez les rappels cliniques.
Céphalée chronique - IRM cérébrale
flechewaiting gif
Céphalée chronique - Scanner cérébral injecté
flechewaiting gif
Céphalée chronique - CRP
flechewaiting gif
Formations de notre partenaire en lien avec la thématique

 

Ordotype ne se substitue ni à la décision ni à la responsabilité de prescription du professionnel de santé.

Prescription d'IPP en cas de traitement par AINS
Indications
  • Co-prescription d’IPP et d’AINS en prévention de l'UGD uniquement si :
    • personnes ≥ 65 ans, ou
    • antécédent d’ulcère gastrique ou duodénal (dans ce cas une infection à H. pylori doit être recherchée et traitée, voir fiche), ou
    • association de l'AINS à (pour rappel : ces associations doivent de principe être évitées) :
      • un antiagrégant plaquettaire (notamment l’aspirine à faible dose et le clopidogrel), ou
      • un corticoïde, ou
      • un anticoagulant.
  • Les IPP doivent être interrompus en même temps que le traitement par AINS.
  • IPP inutiles pour prévenir les complications digestives des antiagrégants plaquettaires/anticoagulants (sans AINS) chez les patients ayant un faible risque de complication (pas d’antécédents d’UGD ou d’hémorragie digestive haute notamment).
Ordonnances
(dose préventive)

Surveillance des plaquettes sous héparine
Indications
  • Surveillance plaquettaire systématique des plaquettes en cas de situation à risque intermédiaire ou élevé de thrombopénie induite par l'héparine (TIH) :
    • risque intermédiaire :
      • patient présentant un cancer.
      • traitement par HBPM à dose prophylactique ou curative et contexte chirurgical (dont césarienne) ou traumatique (immobilisation...).
      • traitement par HNF à dose prophylactique.
      • antécédents d’exposition à une HNF ou aux HBPM dans les 6 derniers mois (en cas de réintroduction après une exposition récente, la chute des plaquettes peut être très rapide).
    • risque élevé :
      • traitement par HNF et contexte de chirurgie (dont césarienne).
      • traitement par HNF à dose curative.
      • circulation extracorporelle.
  • Un traitement par HBPM à dose prophylactique ou curative ne nécessite pas de surveillance systématique des plaquettes en contexte médical (sauf cancer) ou obstétrical (sauf chirurgie, dont césarienne) ou en cas de traumatisme mineur.
Modalités
  • Le rythme de surveillance des plaquettes n'est pas consensuel. La proposition retenue ici est celle des recommandations de l'ANSM (2011).
  • Situations nécessitant une surveillance plaquettaire systématique (voir ci-avant) : dosage plaquettaire :
    • avant l'introduction du traitement ou au plus tard 24h après son introduction,
    • puis 2 fois par semaine pendant 1 mois,
    • puis 1 fois par semaine jusqu'à l'arrêt du traitement (la nécessité de poursuivre la surveillance au-delà de 4-6 semaines n'est pas consensuelle),
    • et à chaque fois que nécessaire en cas de signes évocateurs de TIH :
      • aggravation ou nouvelle suspicion d’événements thrombo-emboliques veineux et/ou artériels,
      • lésion cutanée douloureuse au point d’injection sous-cutanée,
      • manifestation systémique anaphylactoïde.
  • Situation ne nécessitant pas de surveillance plaquettaire systématique : dosage plaquettaire :
    • avant l'introduction du traitement ou au plus tard 24h après son introduction,
    • à chaque fois que nécessaire en cas de signes évocateurs de TIH :
      • aggravation ou nouvelle suspicion d’événements thrombo-emboliques veineux et/ou artériels,
      • lésion cutanée douloureuse ou nécrose au point d’injection sous-cutanée,
      • manifestation systémique anaphylactoïde lors de l'injection.
Interprétation

Risque de TIH évalué par le score des 4T (calculateur) :

  • 0 à 3 : risque faible
  • 4 ou 5 : risque modéré
  • 6 à 8 : risque élevé

Toute suspicion de TIH ou score 4T ≥ 4 doit conduire à un arrêt immédiat du traitement par HBPM et à solliciter un avis spécialisé en urgence pour introduire un relais par anticoagulant non héparinique et poursuivre les explorations par un dosage des anticorps anti-PF4.