Généralités |
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Messages clés | - La boiterie est une perturbation de la marche responsable d’une asymétrie du pas. C'est une douleur provoquée par un des éléments de la chaîne motrice : du pied au rachis lombaire.
- Toujours examiner l'intégralité du rachis et des membres, les douleurs pouvant être projetées : des douleurs de genou peuvent être liées à une pathologie de la hanche.
- En cas de bilan initial négatif : s'abstenir de tout traitement. Revoir le patient à 48h.
- La suspicion d'arthrite septique (boiterie fébrile) est une urgence. En l'absence de signes de gravité éviter les antibiotiques à l'aveugle avant réalisation des prélèvements chirurgicaux.
- Une boiterie persistant plus de 5 jours nécessite la réalisation d'examens complémentaires +/- un avis spécialisé.
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Urgences | - Fracture.
- Infections ostéo-articulaires (toute boiterie fébrile est une urgence).
- Épiphysiolyse fémorale supérieure (adolescent).
- Tumeur osseuse ou leucémie.
- Hémophilie.
- Urgence abdominale chirurgicale.
- Syndrome de Guillain-Barré.
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Démarche diagnostique |
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Clinique |
Interrogatoire | - Antécédents (anténataux, accouchements, néonataux, familiaux).
- Caractère aigu ou ancien, horaire de la boiterie (mécanique ou inflammatoire).
- Traumatisme récent (fracture).
- Fièvre (urgence).
- Infection ou vaccination récente (synovite aiguë transitoire).
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Examen physique | - Examen du membre douloureux.
- Examen du rachis.
- Examen neurologique.
- Examen cutané (ecchymoses, plaies, infection ou porte d'entrée infectieuse).
- Éliminer un psoïtis (appendicite).
- Évaluer la qualité du chaussage.
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Paraclinique |
En urgence | - Indication : si doute sur une infection ou une autre étiologie urgente (voir ci-avant).
- Biologie (ordonnance) :
- NFS avec frottis sanguin,
- CRP(urgence si élevée),
- hémocultures si fièvre.
- Imagerie :
- radiographies de la zone douloureuse +
- échographie,
- +/- autres (selon points d'appel).
Puis, en présence d'arguments pour une infection : prélèvements chirurgicaux avant toute antibiothérapie (prévoir des prélèvements pour réalisation d'une PCR ARNr-16S). |
Douleur > 5 jours | - En cas de bilan initial non réalisé ou non contributif : revoir le patient à 2 jours en s'abstenant de tout traitement.
- En cas de persistance de la symptomatologie > 5 jours un bilan est systématique (même en l'absence de fièvre) :
- biologique (ordonnance) : NFS avec frottis sanguin + CRP +/- hémostase (recherche d'hémophilie, voir fiche),
- imagerie selon orientation (voir ci-après) :
- radiographie + échographie (si non fait initialement),
- IRM,
- scintigraphie,
- Avis spécialisé.
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Étiologies à évoquer à tous les âges |
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Lésions traumatiques | - Traumatismes.
- Signes de maltraitance.
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Infections ostéo-articulaires | - Fièvre, syndrome inflammatoire biologique.
- Prise en charge en urgence :
- imagerie :
- radiographies +/- Échographie articulaire ou osseuse,
- IRM +/- Scintigraphie osseuse,
- prélèvements bactériologiques (dont ponction),
- traitement. Ne pas introduire d'antibiothérapie avant réalisation des prélèvements (sauf si sepsis sévère),
- rechercher et traiter la porte d'entrée.
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Pathologies neuromusculaires | - Antécédents (anténataux, accouchement, néonataux, familiaux).
- Examen neurologique et musculaire.
- Principales étiologies :
- myopathies,
- hémiplégie cérébrale infantile,
- tumeurs de la mœlle épinière.
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Tumeurs | |
Malformation congénitale | Examen physique + radiographies (ordonnance) : inégalité de longueur des membres inférieurs > 3-5 cm sur radiomensuration des membres inférieurs. |
Rhumatismes infantiles | Arthrite juvénile idiopathique ou Maladie de Still. - Diagnostic :
- évolution > 6 semaines,
- poussées entrecoupées de rémissions spontanées,
- fièvre élevée oscillante,
- une ou plusieurs arthrites,
- syndrome inflammatoire majeur non spécifique,
- +/- signes associés :
- éruptions cutanées,
- uvéite antérieure non granulomateuse (sans accès d'œil rouge),
- sérites.
- Prise en charge spécialisée.
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Étiologies à évoquer selon l'âge |
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Avant 3 ans |
Luxation congénitale de hanche (voir fiche) | - Diagnostic positif :
- raccourcissement de membre, asymétrie des plis inguinaux, limitation de l'abduction de la hanche,
- radiographie du bassin permettant de confirmer le diagnostic (ordonnance).
- Prise en charge : avis spécialisé (orthopédiste infantile).
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Fracture sous périostée "en cheveu" | - 1re cause de boiterie non fébrile avant 3 ans.
- Diagnostic positif :
- appui douloureux avec examen articulaire normal,
- radiographie à J1 et J15 (ordonnance) : fracture peu visible sur la 1re radio, apposition périostée confirmant le diagnostic sur la 2e.
- Prise en charge : immobilisation plâtrée 3 à 4 semaines (sans attendre la 2e radiographie).
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Entre 3 et 8 ans |
Synovite aiguë transitoire (rhume de hanche) | - Diagnostic positif :
- raideur de hanche et épisode viral ou vaccination 2 semaines auparavant,
- limitation de l’abduction et de la rotation interne,
- NFS et CRP normales,
- imagerie :
- radiographies des hanches (normales, ordonnance) à renouveler à 45 jours de l'épisode pour rechercher une ostéochondrite, et
- échographie de la hanche (ordonnance) : épanchement.
- Prise en charge = repos :
- mise en décharge (béquilles, fauteuil roulant),
- dispense de sport.
- Évolution :
- favorable en quelques jours (+/- radio de contrôle du bassin à 2 mois),
- absence d'amélioration sous 10 jours :
- évoquer de nouveau une infection ostéoarticulaire,
- nouvelles radiographies de hanche : possible ostéochondrite primitive (ordonnance).
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Ostéochondrite primitive | - Nécrose ischémique de l’épiphyse fémorale supérieure.
- Diagnostic positif :
- boiterie d'installation progressive et augmentant à l'effort et en fin de journée,
- limitation de la rotation interne et de l'abduction de la hanche,
- radiographie (ordonnance).
- Décharge prolongée et prise en charge spécialisée.
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Après 8 ans |
Épiphysiolyse fémorale supérieure | - Diagnostic positif :
- surpoids fréquent,
- garçons > filles,
- douleurs de la hanche ou du genou,
- membre inférieur en rotation externe lors de la marche,
- radiographie de hanches (ordonnance).
- Prise en charge spécialisée urgente (chirurgicale).
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Ostéochondrite disséquante du genou | - Clinique :
- prédominance masculine (2/1), atteinte bilatérale dans 20 %/30 % des cas,
- forme stable : douleurs antérieures du genou avec craquements +/- épisodes de dérobement,
- forme instable : œdème, blocage, atrophie musculaire et flessum.
- Imagerie :
- radiographies du genou (ordonnance) : face, profil et incidence de l'échancrure,
- +/- IRM du genou (ordonnance),
- Prise en charge spécialisée.
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Ostéochondroses ou apophysites (voir fiche) | Jeunes sportifs pratiquant des activités avec mouvements répétitifs.- Maladie d'Osgood-Schlatter (voir fiche) : tuméfaction douloureuse de la tubérosité tibiale antérieure.
- Maladie de Sinding-Larsen-Johansson (voir fiche) : tuméfaction douloureuse de la pointe de la patella.
- Maladie de Sever ou ostéochondrose du calcanéum (voir fiche) : douleur de la face postérieure du talon (talalgie) pendant la marche.
- Maladie d’Iselin : douleur de la base du 5e métatarsien.
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Boiterie à imagerie normale | - Mise au repos.
- En cas de persistance de la boiterie, renouveler les radiographies : recherche d'une ostéochondrite primitive (ordonnance) = nécrose ischémique de l’épiphyse fémorale supérieure.
- Si nouvelles radiographies normales :
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