Dyspnée |
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Clinique |
Signes directs | - Tachypnée.
- Signes de lutte.
- Toux.
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Signes indirects | - Orthopnée.
- Anorexie.
- Anxiété.
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Outil d'évaluation | Chez les patients dans l'incapacité de s'exprimer : hétéro-évaluation de la dyspnée par l'échelle RDOS (échelle) : - score 0 à 2 : pas de dyspnée,
- score ≥ 3 : dyspnée modérée à sévère.
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Avertissement | En situation terminale, la saturation en oxygène n'est PAS corrélée à l'intensité de l'inconfort respiratoire, ce n'est donc PAS une mesure d'évaluation de la dyspnée. |
Prise en charge |
Traitement étiologique |
L'intérêt d'un traitement étiologique de la dyspnée en plus du traitement symptomatique dépend du stade palliatif : - stades précoces : intérêt d'une prise en charge étiologique,
- stades avancés : prise en charge symptomatique à privilégier (+/- étiologique selon le bénéfice attendu).
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Traitement symptomatique |
Mesures non pharmacologiques | - Présence apaisante et rassurante, créer une atmosphère calme.
- Aménagement du domicile afin de limiter les dépenses ventilatoires (ex. fauteuil roulant, chaise commode, aides à domicile).
- Aération des pièces.
- Mise en place d'une ventilation dirigée vers le visage du patient (stimulation du nerf V2).
- Positionnement du patient dans la position qui lui convient (ex. demi-assis, décubitus latéral du côté d'un épanchement).
- Vêtements amples.
- Hydratation des lèvres et de la muqueuse buccale (voir fiche soins de bouche).
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Oxygénothérapie | En cas de dyspnée, le recours à l'oxygène à visée symptomatique ne doit pas être systématique. - Hors situation terminale :
- poursuite d'une OLD antérieure chez un patient présentant une insuffisance respiratoire chronique,
- en l'absence d'OLD antérieure, mesurer ponctuellement la saturation en oxygène pour déterminer le bénéfice :
- SpO2 < 90% : administrer de l'oxygène pendant 72h et en mesurer le bénéfice symptomatique. En l'absence de bénéfice : arrêter l'oxygène car source d'inconfort (sécheresse des muqueuses, dépendance psychologique),
- SpO2 > 90% : diriger un ventilateur vers le visage du patient.
- En situation terminale, l'oxygénothérapie n'apporte pas de bénéfice et contribue à majorer l'inconfort (sécheresse buccale) : elle n'est pas indiquée, sauf dans 2 situations :
- poursuite d'une OLD antérieure chez un patient présentant une insuffisance respiratoire chronique,
- lymphangite carcinomateuse.
Modalités de prescription : voir fiche. |
Opioïdes | - La morphine est la molécule de choix car celle qui a été la plus étudiée. Il est cependant possible d'utiliser les autres molécules (notamment lorsque le patient est déjà traité par un autre opioïde).
- Dans le cas de l'utilisation d'une autre molécule que la morphine, se référer au site internet Opioconvert (site) pour la conversion des posologies indiquées ci-dessous.
- Intérêts :
- diminution de la sensibilité des récepteurs centraux à l'hypoxie et l'hypercapnie
- diminution du travail respiratoire
- diminution de l'activité du centre la toux
- diminution de l'anxiété et de la douleur associées
- pas de dépression du centre respiratoire ni de raccourcissement de la durée de vie s'ils sont introduits prudemment et à posologie adaptée.
- Prescription :
- patient naïf de morphine :
- voie per os :
- débuter par 5 mg de morphine orale (solution buvale ou gélules), à répéter au bout d'une heure si nécessaire,
- au-delà de 4 prises/jour : instaurer un traitement de fond par morphine à libération prolongée (posologie équivalente à la posologie totale reçue en traitement à libération immédiate sur 24h), et prescrire des interdoses équivalentes à 1/6ème de la dose de fond des 24h,
- au-delà de 4 interdoses/jour, augmenter le traitement de fond par paliers de 30 à 50%, et ajuster les interdoses,
- IV :
- titrer par bolus de 1 mg de morphine en IV, à répéter toutes les 10 min jusqu'à apaisement,
- si soulagé par 1 ou 2 injections, pas de mise en place de traitement de fond et maintien des interdoses,
- si plus de 2 doses nécessaires par 24h, instauration d'une dose de fond par PCA ou PSE, en débutant par 10 mg/24h, avec interdoses de 2 mg si nécessaire (période réfractaire 30 min, max 3 bolus/4 heures),
- SC :
- titrer par bolus de 3 mg de morphine en SC, à répéter toutes les 30 min jusqu'à apaisement,
- si soulagé par 1 ou 2 injections, pas de mise en place de traitement de fond et maintien des interdoses,
- si plus de 2 doses nécessaires par 24h, instauration d'une dose de fond par PCA ou PSE par voie SC, en débutant par 10 mg/24h, avec interdoses de 2 mg si nécessaire (période réfractaire 30 min, max 3 bolus/4 heures),
- patient déjà sous opioïdes :
- administration d'une interdose,
- si insuffisant : instauration d'une dose de fond ou majoration de la dose de fond de 30% et majoration des interdoses proportionnellement (1/6eà 1/10e de la dose de fond).
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Benzodiazépine | - À associer systématiquement aux opioïdes en raison de l'angoisse toujours associée à la dyspnée.
- Objectif :
- en première intention : anxiolyse sans sédation,
- si symptôme réfractaire : objectif sédatif (voir fiche).
- Prescription :
- patient naïf en benzodiazépines :
- voie per os : alprazolam (ordonnance). Alternatives : oxazépam 10 mg, prazépam 5 mg ou diazépam 1 mg.
- si voie per os impossible :
- via le sillon gingival ou en sublingual (ordonnance) : diazépam 3 gouttes ou prazépam 10 gouttes
- voie IV ou SC (uniquement en HAD) :
- diazépam : 5 mg (possibilité de majoration à 10 mg), à répéter 3 fois par jour si besoin,
- midazolam : 1 à 2,5 mg (possibilité de majoration à 5 mg), à répéter 4 à 6 fois par jour si besoin,
- patient sous benzodiazépine :
- majoration de la benzodiazépine déjà prescrite,
- si insuffisant après 2 paliers de majorations en 24h : possibilité de rotation de benzodiazépine (cf. supra : patient naïf de benzodiazépine).
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